- On te voit à l’écran lors des interviews de Mattia à l’université. On entend ta voix, mais on ne t’aperçoit qu’à distance, à ses côtés. Pourquoi ce choix ?
Je ne plaisantais pas en disant que je déteste me voir à l’image !
À l’origine, le style que j’envisageais devait être purement observationnel. Mais dès le premier jour de tournage, Mattia était très mal à l’aise devant la caméra. Imaginez un instant : vous sortez de prison, vous marchez dans la rue après 9 ans d’isolement, et vous avez toute une équipe de cinéma qui vous suit comme un phénomène de foire…
J’ai donc changé d’idée, en créant un dialogue entre Mattia et moi, un dialogue entre Mattia et la société. Pour cela, j’ai choisi une mise en image distante, une approche presque « caméra de surveillance ». L’idée était de traduire à l’image ce que ressentait Mattia : l’impression d’être constamment épié et l’impression d’être trop petit pour le monde extérieur.